Colloque sur la littératie en santé

Ateliers

1.       Le dépistage des maladies génétiques chez les nouveau-nés : les parents s’y retrouvent-ils?

Dre Rachel Laframboise, médecin-généticien, CHUL – CHU de Québec, professeur agrégé, Département de Pédiatrie, Université Laval

 

2.       Les patients organisés, les clients experts et la relation de pair à pair

François Laroche, président, Société canadienne de l’hémophilie – Section Québec

 

La Société canadienne de l'hémophilie - Section Québec (SCHQ) a été fondée en 1959 par un petit groupe d’hémophiles, leur famille et leurs médecins. L’étroite collaboration entre les patients, les professionnels de la santé et les chercheurs était unique à cette époque… et l’est encore aujourd’hui. Cette dynamique a fait en sorte de créer des patients proactifs dans la dispensation de leurs soins, ce qui les a menés à devenir des patients organisés, des clients experts. Plusieurs moyens sont employés par la SCHQ pour hausser le niveau de connaissances des patients, pour défendre leurs intérêts, pour leur assurer du soutien psychologique, pour favoriser le partage d'expériences entre eux ainsi que le développement de valeurs communes, en fait, pour hausser leur niveau de littératie en santé. Que ce soit par le biais, notamment, de ses divers outils de communication, de ses groupes d'entraide entre pairs, de son camp d'été au cours duquel les jeunes apprennent la technique de l'autoperfusion, de l'organisation de colloques où peuvent se rencontrer pour échanger les divers professionnels œuvrant dans le domaine des troubles de la coagulation ou du financement de la recherche. Ces stratégies combinées permettent aux patients et aux familles de s'entraider, elles augmentent la capacité du patient à jouer un rôle considérable, en collaboration avec le professionnel de la santé, lorsque des décisions importantes doivent être prises concernant son plan de traitement, et elles favorisent son autonomie en ce qui a trait à la gestion adéquate de sa condition.

 

3.       Comment faire passer notre message : le grand «débrouillage»

Michelle Boivin, travailleuse sociale et coordonnatrice clinique, IRDPQ

Lucie Guérard, psychologue et coordonnatrice clinique, IRDPQ

 

Dans le contexte où nous nous préoccupons du bien-être des usagers de nos services et de l’amélioration de leur santé, plusieurs obstacles peuvent s’interposer entre l’intervenant et son client. Le faible niveau de littératie d’une personne, qui est la conséquence d’un ensemble de phénomènes interdépendants, peut l’empêcher de saisir ce que le professionnel lui communique pour gérer sa condition et ultimement nuire à sa capacité à s’autodéterminer. Quels sont ces divers phénomènes qui contribuent à affaiblir le niveau de littératie de la personne dans l’échange avec les dispensateurs de soins? Mais surtout, en tenant compte du contexte d’intervention qui diffère d’un organisme à l’autre, quels sont les moyens d’intervention dont nous disposons, qui permettent de livrer efficacement notre expertise tout en facilitant les efforts de l’individu qui souhaite prendre en mains sa destinée?

 

4.       Le défi de la littératie aux soins intensifs et aux soins périopératoires

Dr Jacques Brochu, médecin anesthésiste, président du Comité d’éthique clinique, Centre hospitalier universitaire de Québec

 

L’état de la personne aux soins intensifs est souvent inattendu et grave, et le diagnostic, incertain. Les patients conscients et leurs proches se trouvent dans le chaos, le contexte est très émotif, et si les gens sont fragiles, leur littératie s’effondre.

 

Dans le contexte périopératoire, il faut examiner comment aider le patient à absorber l’information concernant trois étapes : avant la chirurgie, pendant la chirurgie, après la chirurgie.

 

Habituellement, le médecin aux soins intensifs s’adresse à un détenteur du consentement substitué, et cette personne est fréquemment trop troublée pour bien comprendre rapidement. Par contre, cela se corrige avec le temps, et la compréhension s’améliore après deux ou trois rencontres. Il faut planifier les rencontres avec les familles, les prévoir. Le médecin traitant peut obtenir le soutien de la psychologue ou de la travailleuse sociale. Après coup, lorsque la situation de crise est terminée, les proches des patients estiment très important d’avoir participé aux décisions.

 

L’aspect organisationnel n’est pas toujours aidant, à commencer par le changement hebdomadaire de médecin traitant. Le nouveau médecin en a pour 3 ou 4 jours à se faire au patient. On ne peut pas facilement améliorer la littératie des proches du patient dans un tel contexte. Par contre, le médecin et les autres membres de l’équipe traitante disposent de moyens pour favoriser la compréhension des patients et de leurs proches.

 

5.       Nourrir le corps et l’esprit

Sandra Blouin, intervenante-animatrice, Carrefour des enfants de Saint-Malo

Lucie Daigle, intervenante enfance-famille, HLM Place de la Rive à Vanier

Maude Quenneville Gervais, intervenante-animatrice, Ouvre-Boîte du quartier

 

Les intervenants travaillant auprès des enfants et des parents vivant dans le HLM « Place de la Rive » organisent plusieurs activités dont le principal objectif est d’aider leur clientèle multiculturelle à améliorer leur autonomie. Ces organismes permettent aux individus de développer leur potentiel personnel et social afin qu’ils deviennent des citoyens actifs, critiques et responsables. Plusieurs stratégies sont mises en place telles que l’apprentissage des rudiments de l’alimentation et l’aide aux devoirs. L’adaptation est à la base de leur philosophie d’intervention afin de s’assurer de la compréhension de chacun de leur client.

 

Venez partager avec nous sur le développement humain dans un milieu communautaire et multiculturel.

 

6. Caractéristiques des organisations de santé pro-littératie en santé et illustration d’une démarche montréalaise

André Tourigny, médecin-conseil, Institut national de santé publique du Québec
Valérie Lemieux, coordonnatrice, Direction de santé publique de Montréal

Le lien entre la littératie en santé (LS) et la santé des personnes est démontré. Ce lien interpelle l’individu mais aussi, et de façon probablement plus marquée pour les personnes aînées, leur environnement. À ce titre, les organisations de santé, dont les CSSS, ont un rôle majeur à jouer pour faciliter l’accès, la compréhension et l’utilisation de l’information pour une meilleure santé. Inspirée des nombreux écrits récents de l’Institute of medicine américain, la première partie de l’atelier présentera les dix attributs des organisations pro-LS et ce qu’ont fait concrètement des organisations de soins pour les mettre en valeur. Ces attributs sont : leadership organisationnel, participation des populations ciblées/desservies, réponse aux besoins de tous peu importe leur niveau de LS, préparation/formation du personnel, accès facilité à l’information et à de l’assistance, communication interpersonnelle efficace, ciblage des situations présentant plus de risque, matériel développé facile à utiliser, intégration à la planification/évaluation et amélioration continue de la qualité, explication claire des soins et services couverts par les programmes. La deuxième partie sera consacrée à présenter la démarche actuellement en cours à Montréal pour mieux rejoindre les femmes ayant un faible niveau de LS afin de faciliter la prise de décision au regard du dépistage du cancer du sein dans le cadre du PQDCS (Programme québécois de dépistage du cancer du sein). Les principales leçons apprises à travers cette démarche seront partagées et discutées avec les participants. Une période est également prévue pour échanger avec et entre les participants.