Colloque en lésions médullaires

Conférences

8h45 - 9h30 – Auditorium

L'enquête chez la collectivité des personnes ayant une lésion médullaire: Faits saillants au Québec en comparaison aux autres régions canadiennes
Luc Noreau, Directeur du CIRRIS

L’Enquête chez la collectivité des personnes ayant une lésion médullaire est la plus importante enquête canadienne réalisée auprès de cette clientèle. Elle vient préciser les besoins (comblés / non-comblés) de 1549 répondants (lésions traumatique et non-traumatique) et les obstacles qu’ils rencontrent dans le processus d’accès à du soutien et des services. De même, elle a examiné la situation de vie de ces personnes sur le plan de la participation sociale, de l’emploi,  de la présence de complications secondaires et de l’utilisation des services de santé. Les données de différentes régions canadiennes ont déjà été analysées et montrent des disparités régionales à plusieurs niveaux. La présentation portera principalement sur les données québécoises (n = 396 répondants) en comparaison avec des données canadiennes.


Luc Noreau est professeur titulaire au Département de réadaptation de l’Université Laval et directeur scientifique du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS) à Québec. De 1994 à 2006, il a été chercheur boursier du Fonds de la recherche en santé du Québec. Il a réalisé plusieurs projets dans le domaine de la réadaptation plus spécifiquement chez les personnes ayant une lésion médullaire. Depuis plus de 20 ans, il a développé comme chercheur principal plusieurs projets dans les Centres d’expertise en lésion médullaire de l’Est et de l’Ouest du Québec visant à évaluer les services de réadaptation et de soutien dispensés aux personnes ayant une lésion médullaire. Il est co-auteur de la Mesure des habitudes de vie (MHAVIE), un instrument de mesure de la participation sociale, largement diffusé au niveau international. De janvier 2008 à décembre 2009, il a été directeur scientifique du réseau sur l’intégration sociale pour le réseau pour des solutions en lésion médullaire, soutenu par l’Institut Rick Hansen. Au Québec, il  a œuvré à titre de président du Comité organisateur des États généraux de la recherche en traumatologie (2007) et du Groupe de travail sur le transfert des connaissances en traumatologie (2010).

 

9h30 - 10h30 – Auditorium

Neuroplasticité et lésions médullaires : fondements expérimentaux et applications cliniques
Aymeric Guillot, Professeur, Université Claude Bernard Lyon 1, France
Franck Di Rienzo, Université Claude Bernard Lyon 1, France

Le cerveau est un organe plastique, siège de constantes réorganisations lors du développement, de l’apprentissage, ou encore dans diverses conditions pathologiques - par exemple consécutivement à une lésion neurologique d’origine centrale ou périphérique. La neuroplasticité désigne la capacité du tissu nerveux à réorganiser sa structure anatomique et/ou fonctionnelle de connectivité. Au cours de cette présentation, nous développerons deux processus spécifiques : la plasticité de compensation spontanée et la plasticité de surcompensation, qui jouent un rôle central dans le recouvrement de fonctions motrices à la suite d’atteintes du système nerveux central. La première correspond aux réorganisations synaptiques consécutives à une perturbation de l’organisme. La plasticité de surcompensation traduit quant à elle les réorganisations synaptiques en réponse aux sollicitations du tissu nerveux. Nous nous attacherons à décrire les processus mis en jeu dans chaque cas, avant de développer l’intérêt thérapeutique de la neuroplasticité ainsi que ses limites - notamment chez les personnes victimes de lésions de la moelle épinière. Nous développerons les principales méthodes thérapeutiques actuellement à l’étude en recherche fondamentale et appliquée destinées à agir sur les processus de neuroplasticité afin de promouvoir la récupération fonctionnelle chez les blessés médullaires. Parmi elles, l’entraînement par imagerie motrice semble efficace afin de stimuler les réseaux cérébraux du système moteur et améliorer les fonctions motrices épargnées. Nous questionnerons le dosage, l’applicabilité et le contenu de ces différentes formes de pratique afin de cerner comment la neuroplasticité peut permettre aux circuits nerveux épargnés de prendre en charge les fonctions altérées.

Aymeric Guillot a obtenu son doctorat en Sciences du Sport à l’Université Claude Bernard Lyon 1 en 2003. Il est Professeur des Universités au sein du Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport, Université Claude Bernard – Lyon 1. Il est également membre de l’Institut Universitaire de France (Promotion 2011-2015). Ses travaux portent sur l'effet de l'imagerie motrice sur la performance et la récupération des fonctions motrices. L’objectif est de déterminer les règles et conditions de pratique de l’imagerie motrice permettant d’en assurer son efficacité dans le développement et le recouvrement des fonctions motrices. Un second axe de recherche étudie l’efficacité de l’imagerie motrice au cours de la réadaptation fonctionnelle de patients (blessés médullaires et amputés du membre inférieur). Une troisième ligne thématique consiste à étudier les effets du sommeil dans la consolidation des apprentissages moteurs à la suite d’un entraînement par imagerie motrice. L’étude de l’imagerie et des capacités visuospatiales qui s’y rapportent se fait à l’aide de méthodes d’enregistrement de l’activité du système nerveux central (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, magnétoencéphalographie) et périphérique (enregistrements neurovégétatifs, électromyographie, posturographie) et de données comportementales (questionnaires, tests psychologiques, chronométrie mentale). Il a publié plus de 85 articles scientifiques dans des revues internationales à comité de lecture et chapitres d’ouvrage, dont des articles de synthèse, ainsi que deux ouvrages.

Franck Di Rienzo a soutenu sa thèse en 2013 au sein du Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport, Université Claude Bernard – Lyon 1. Ses recherches portent sur les interrelations entre plasticité cérébrale et imagerie motrice après différentes pathologies du système nerveux central, en particulier chez les blessés médullaires. Outre le recours aux techniques d’enregistrements de l’activité neurovégétative et électromyographique, il a étudié, en magnétoencéphalographie, les oscillations neuronales lors de l’imagination et l’exécution (ou tentative d’exécution) de mouvements du membre supérieur chez des blessés médullaires, afin d’identifier les processus d’affaiblissement de l’inhibition de la commande. En particulier, ses données montrent que le système nerveux central « auto-ménagerait » la charge de travail associée à l’inhibition active de mouvements qu’il n’est plus en mesure de produire. Ses travaux débouchent sur des applications cliniques liées à l’utilisation de l’imagerie motrice pour induire une plasticité cérébrale favorisant l’acquisition de nouvelles habiletés motrices au cours de la rééducation.